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LA DERNIERE PIERRE (fiction, subventionné)

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C'était tous les jours...

Les jours perdus à recommencer ce qui fut fait. En mieux, c'est toujours possible. 

Du lever du soleil à son coucher et sans bien savoir ce que le soleil vient faire là-dedans.

La chaux des murs brûle les yeux et les mange. On marche en fixant les carreaux rouges du sol...

... rouge coquelicot... rouge légion d'honneur... rouge sang... rouge...

(Passe-temps)

On suit la trace d'usure laissée par d'autres pantoufles à semelles de feutre

et qui est très visible, de la porte à la lucarne. On compte ses pas dans le sillage incurvé.

On compte les vers trouvés dans la soupe.

On compte tout.

Il arrive qu'on n'arrive pas.

Henri Calet, La belle lurette, L'imaginaire, Gallimard, ISBN 978-2-07-029923-2

 

muno 023

Interprétation : Pietro Pizzuti

Ecriture, voix, montage : Christine Van-Acker

Composition sonore et mixage : Thierry Van Roy

Il y  a longtemps, à Sintra, au Portugal, un homme fut emprisonné à vie dans une tour. La seule chose qu'il pouvait y faire, c'était marcher en rond, à un tel point que le sol, aujourd'hui, en garde la marque ronde et creuse. Elle regarde la tour et le voit tourner encore, et tourne avec lui. Elle, c'est un auteur qui n'est pas plus libre, ni moins folle que lui.

 

Le texte a reçu le Grand prix de la SGDL, à Paris.

La fiction radio a reçu le prix "Histoires courtes", au Festival Radiophonies, en 2009 (photo).

paris

Le texte est paru dans "Les phonuscrits des radiophonies" et aux Carnets du Dessert de Lune (voir onglet "publications")

Avec le soutien du Fonds d'aide à la création radiophonique de la Communauté française de Belgique

Courrier des auditeurs :

C'est dingue cette expérimentation sonore qui colle diablement au sujet, j'aime beaucoup, la recherche, le rythme, l'écho, les phrases qui reviennent comme si nous aussi on tournait en rond en écoutant. Ce qui m'a aussi autant plu que déconcerté, c'est ce désir qu'inspire la pierre, ça devient très sensuel, sexuel, parfois bestial et du coup ça nous sort aussi de nos attentes par rapport au sujet, et la comparaison est forte. L'homme a un côté Jack Nicholson dans Shining, qui n'est pas sans effrayer. Avec un son optimal (mon ordi n'est pas équipé pour ça), des enceintes, ça doit encore plus hérisser le poil.
Bravo en tout cas pour l'originalité du sujet et tout l'imaginaire qu'il engage malgré cette restriction spatiale, et de personnage, qu'il implique au début.

J'ai l'impression que vous avez davantage de liberté créatrice en Belgique qu'en France. Plus d'audace et de déroute, ça fait tellement plaisir. Sont trop guindés, trop à cheval sur leur protocole à France Culture même si ça se veut expérimental (c'est mon sentiment bien sûr). Florence V.