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LA DERNIERE CONVOCATION

 
 

J'ai décidé qu'une convocation de plus pour justifier mon activité professionnelle auprès du FOREM serait la dernière.

Aussi, plutôt que de m'astreindre à inventer un dossier et me joindre à la schizophrénie ambiante, j'ai préféré écrire "La dernière convocation".

Un texte qui a beaucoup circulé sur la toile, un texte interpellant sur le statut des artistes, de ces intermittents sommés de se justifier auprès des autorités "compétentes".

Un texte que j'ai remis au FOREM en lieu et place du dossier attendu. Un texte que d'autres artistes ont imprimé et déjà joint à leur dossier.

A partir du mois d'octobre 2017, la Belgique comptera une "chômeuse" de moins et une indépendante de plus.

Dans ce livre s'est jointe la parole d'autres artistes pour que vous puissiez mieux comprendre notre situation.

Un premier ouvrage de la nouvelle collection "Pamphlet" de Cactus Inébranlable éditions.

Pour commander le livre, écrire à  :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En France, il est disponible sur : https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=allbooks&mots_recherche=Christine Van Acker - La dernière convocation

Prix de vente : 5€

Le livre peut également se commander à partir de votre librairie (à moins qu'il ne s'y trouve déjà...)

Le site de l'éditeur : http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/la-derniere-convocation.html

Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/264955306872218/permalink/1626407414060327/?pnref=story

Ecouter l'entretien avec Eddy Caekelberghs, dans Au bout du jour, le 19 septembre 2017, sur la Première, RTBF radio :

article soir bis

Femmes daujourdhui 001

Des commentaires de lecteurs :

"J'ai commencé ma "carrière"  au Forem au début des années 2000 comme conseiller en accompagnement avant de partir vers d'autres horizons. Je recevais des gens, faisais le point avec eux sur leurs projets, cherchais avec eux des solutions pour améliorer leur recherche d'emploi et s'ils m'expliquaient que leur situation sociale, médicale, familiale... ne leur permettait pas vraiment de travailler, on mettait en place des stratégies pour éviter les sanctions.
Souvent, on frisait l'illégalité, on sortait des clous de notre mission, mais ça ne posait pas de problème.
 
À cette époque, pas si lointaine, finalement, la majorité des conseillers étaient issus de filières sociales: des AS, des éducateurs, des psy... la plupart animés par des préoccupations plus axées sur l'humain que sur l'insertion à tout prix.
 
Puis on a commencé à parler de la notion de "prescription". Comme le médecin rédige l'ordonnance, le conseiller devait prescrire aux demandeurs d'emploi l'obligation de mettre en place des démarches... dont ils ne voyaient pas nécessairement la finalité ni l'intérêt.
Ça puait déjà...
 
Le recrutement des nouveaux conseillers a changé alors.
On a vu arriver des collègues issus du secteur de l'interim, des gens "orientés résultats", des profils efficients comme ils disaient. Et la cohabitation avec l'ancienne génération ne fut pas facile.
Je suis entré en fonction en même temps que quelques personnes avec qui j'ai gardé contact, j'observe que parmi ces 5 ou 6 collègues, plus aucun ne travaille dans la fonction de conseiller. Certains ont changé de service en restant dans l'institution, comme moi; d'autres ont démissionné pour partir vers d'autres aventures professionnelles.
 
Peut-être que ton accompagnatrice fait partie de cette ancienne génération.
 
Cette évolution n'est pas uniquement le fait de l'évolution interne du Forem.
L'office se doit de mettre en place une politique décidée par la région wallonne.
Aujourd'hui, on observe que c'est un ministre libéral qui a la tutelle du Forem, c'est la pire chose qui pouvait arriver.
Là où je travaille, nous mettons en place des modules d'apprentissage du FLE (Français Langue Étrangère) pour les migrants, nous accueillons des jeunes (très) peu diplômés pour des modules courts... autant de missions qui risquent d'être supprimées par un pouvoir qui n'aura que faire de ces formations qui ne mènent pas à l'emploi, mais qui contribuent à ce que le service public remplisse sa mission de s'occuper aussi des moins favorisés. Mais ces aspects-là, les bleus n'en ont que faire.
 
Voilà.
 
Continuons la bataille."
 
Jean-Philippe Querton
 
J’ai bossé 15 ans à l’Orbem, je sais à quel point votre ras-le-bol est justifié. Votre combat est juste et nécessaire.
La rébellion, ce n’est pas vraiment leur mode de fonctionnement et positif, pas leur état d’esprit. J’ai fini par donner ma démission, dégoûtée, quand il n’y a plus eu moyen de faire autre chose que du contrôle bête et sale.
Bravo et bon courage.
M.
 
Nous avons tous peur de perdre nos droits et, à force de se taire, nous perdons tout. Merci donc à vous pour votre parole.
C.
 
Ce début septembre, le désert d'Atacama est tout en fleur : phénomène qui apparaît tous les 3 ou 4 ans, ordinairement au mois d'octobre !
 
Je rêve de m'y promener lors d'un subit éclatement de beauté. Luís Sepúlveda en parle dans une nouvelle. Cette année, on pense que c'est dû aux pluies 
 
des mois de mai-juin. Étonnant dérèglement climatique (comme tout se tient !) pour la zone la plus aride au monde (moyenne de ½ jour de pluie par an). 
 
Mais alors pourquoi les autres années, le désert pouvait donc fleurir pendant quelques jours ?
 
Parce que ce désert est traversé de sources, et ces sources sont approvisionnées par la fonte des glaces sur les volcans situés à plus de 5000 m, 
 
dans la cordillères, à la triple frontière avec la Bolivie et l'Argentine. Donc il est possible de creuser le désert d'Atacama et de trouver de l'eau. 
 
Tandis que trouver un équilibre de vie et la sérénité dans le travail en creusant les soubassements du FOREM / ONEM, ça c'est impossible, j'en conviens.
 
La force me semble-t-il de ton pamphlet, c'est de montrer les liens (qu'ils ne cachent nullement !) entre la "philosophie" de l'ONEM et  et l'European
 
Foundation for Quality (?) Management de Dassaut, Volkswagen and Cie. Rien n'est gratuit et nos élites (…) politiques s'abreuvent toutes à la même source,
 
ils ont tous la même foi dans le Marché et les axiomes de Chicago.
 
J'ai pour ma part choisi d'enseigner car je trouvais là un lieu d'épanouissement, de plaisir, d'accomplissement de moi-même. Mais hélas, en fin de carrière, 
 
j'ai vu que les Savoirs, les Savoir-Faire et les Savoir-être étaient remplacés par les fameuses "Compétences", il fallait former des enfants à devenir "compétitifs",
 
compétents, c.-à-d. aptes à s'adapter aux exigences d'employeurs dans un monde technologique qui change de + en + vite. C'est une banale constatation,
 
je sais, mais nous avons vu débarquer une foule d'inspecteurs contrôlant si la compétence 5-bis avait bien été mise en oeuvre par le professeur-poète !
 
Mais ce choix est personnel, si j'avais opté pour l'écriture, je pense que je crèverais de faim aujourd'hui !
 
Première constatation : le boulot d'écrivain m'a rapporté en droit d'auteur, environ 2000 € entre 2004 (date où j'ai reçu la première fois un à-valoir) et 2017 !
 
Comme il m'arrive d'avoir plusieurs versions d'un même manuscrit (9 pour le prochain Brise de mère, quasi autant pour La Promesse d'Almache 
 
et encore plus - 17 ou 18 -  pour Journal d'un incapable), je pense que mes droits n'arrive pas à couvrir mes frais … de cartouches d'encre 
 
(mon dernier pack Epson m'a coûté 102 €, preuve que les poètes participent à l'activité économique). 
 
Je ne parle pas des frais d'envoi vu les tarifs postaux pratiqués en Belgique !
 
Deuxième constatation : j'écris depuis près de 40 ans (première publication en 1979), mais la moitié de ce que j'ai publié (5 livres et 2 revues que j'ai pilotées) 
 
date de ces 5 dernières années, après ma mise à la  retraite : preuve que rédiger exige beaucoup de temps (ce n'est pas à toi que je le dis, 
 
mais à ton fonctionnaire à la cravate trop serrée).
 
Troisième constatation : explosion des burn out, preuve que tout part en quenouille partout. Exemple : la SWDE n'emploie pour ces gros travaux que 
 
des sous-traitants : un de ceux-ci travaillait chez moi pour ... Engie (tout se recoupe donc !) : il me dit la semaine dernière  : je suis obligé 
 
avec mon unique collègue de réaliser 10.000 € de chiffre d'affaire par semaine, sinon l'équipe est remplacée par une autre venant de l'Est.
 
Conclusion : ton bouquin n'est peut-être qu'une goutte d'eau, mais ça fuit de partout et toutes les gouttes font déjà une grosse mare, peut-être un lac : soyons prêts
 
car il va se passer quelque chose qui va partir dans tous les sens, un mai 68 à la puissance 10 ou 20, mais très très différent, moins utopiste et plus violent.
 
Il faut être prêt pour, le moment venu,  essayer de réenchanter le monde, que les philosophes instaurent un nouveau contrat social, que les économistes 
 
de demain balisent la semaine des 32 ou 24 heures et justifient l'allocation universelle, que les poètes et les artistes ramènent chacun face à lui-même et 
 
fondent la nécessité de l'inutile !
 
Si la droite est décomplexée, que les anars le soient aussi !
 
En bref : "pour faire face au Forem, il y a du travail !"
 
merci pour cet opus !
 
Alain Dantinne
 
 

Bravo pour « La dernière convocation »! Libre, utile, roboratif, fédérateur : les témoignages qui suivent, signés, prouvent qu’on va enfin oser dire. Il est temps.

J’ai un statut d’indépendant, je suis donc « ailleurs », mais je rame, et sans doute de plus en plus, comme la plupart de mes collègues dans toutes les disciplines artistiques, quel que soit leur statut.

Ta prise de parole m’aide à faire le point pour moi-même. Et s’il n’y a personne en face de moi, pas d’employé d’Actiris ou de l’onem, pas de confrontation humiliante, en somme, l’humiliation est dans le fait de gagner par mois bien moins que le minimex, et que rien ne change depuis tant d’années où, comme toi, je n’ai cessé de bosser avec enthousiasme et ténacité.

A quand un « statut d’artiste »? (professionnel, cela va de soi : toi, moi, celles qui ont osé témoigner à ta suite et tant d'autres, nous le sommes, professionnel(le)s contrats et prix à la clé, et ce depuis des années)

Si c’est vraiment « la dernière convocation », je te souhaite (nous souhaite) qu’il n’y ait jamais de « dernier livre » - du moins pas avant que la mort nous fauche.

Je te salue amicalement.

Caroline Lamarche

Merci pour la dernière convocation. Il me fait penser à un "vieux" texte de Franca Rame et Dario Fo Moi, Ulrike, je crie. entre autre lorsque tu dis "Je vous devine, cachés derrière, m'observant par les deux trous ronds de cette paire de jumelles." Dans ce texte, il y était question aussi de la grisaille du monde... À l'issue de la lecture, je me suis moi aussi reposé les questions de la solidarité entre classes et de la résistance possible à ce système absurde d'autant que j'ai des discussions assez animées avec mon compagnon sur le sujet... Lui a perdu son statut d'artiste il y a longtemps et vit une dégressivité de ses allocations avec, pour couronner le tout, sur le dos, une facilitatrice qui fait de l'excès de zèle, se permettant même des remarques sur le fait qu'il fume par exemple... Démarche infantilisante! Jusqu'où accepter? Jusqu'où être à la marge du système? 
Je me souviens aussi de mon dernier "contrôle", en décembre de l'année dernière. La dame, très gentille, m'a rappelé que je n'avais pas besoin de diversifier (chercher dans une autre branche) puisque j'avais mon "statut" et assez de contrats... mais que c'était très bien, que je faisais aussi autre chose, que j'animais, donnais des ateliers. J'ai quand même réussi à lui faire remarquer qu'être comédienne-animatrice n'était pas donné à tout le monde, que c'était un vrai métier et que ce n'était pas parce qu'on était diplômé d'un Conservatoire qu'on pouvait forcément faire ce boulot, que c'était un vrai choix de ma part. Donc, ce que dit Veronika Mabardi me touche particulièrement car, oui, donner des ateliers, c'est aussi une démarche artistique, pas du tout reconnue, pour laquelle on est parfois payé en "article 17", parfois défrayés, rarement payés de manière correct au regard du travail fourni mais on est tellement engagé dans ce qu'on fait...
Je voudrais juste aussi ajouter pour terminer que j'ai souvent pensé comme toi à tous ces gens qui ne maîtrisent pas le langage et donc ne sont pas capable de "donner le change" dans cette mascarade. D'où l'importance d'un film comme "bureau de chômage", l'importance de ton texte et des actions qui en découleront.
Aïcha R.
 
 
Voilà de quoi obtenir le EFQC award (European foundation for quality criticism). Y a pas 30 000 membres, mais des millions.
Bravo. Bien envoyé. Courage.
J. 
 
 
Vincent Tholomé, Le carnet et les instants, octobre 2017
 
 

van acker la derniere convocation.jpgOn est en avril 2017. Au fonctionnaire chargé de contrôler si elle est suffisamment active dans sa recherche d’emploi, Christine Van Acker remet une lettre. Un brûlot plutôt. Doux et amer. Ironique. Où elle signifie qu’elle en a soupé de se soumettre aux diktats d’une administration la réduisant à une étiquette : demandeuse d’emploi. Une administration qui n’a que faire de Christine Van Acker en tant que que personne et de ce qu’est réellement son boulot d’artiste. Une administration qui réduit à peau de chagrin tout qui, un jour, est confronté au vaste complexe des réglementations en tout genre.

Cela aurait pu rester dans l’ombre. N’être qu’une affaire perso entre l’auteur et l’administration. Mais non. Dès avril 2017, Christine Van Acker a partagé son pamphlet sur le net, suscitant l’avis et la réaction d’autres auteurs, d’autres artistes en pétard contre le Forem ou l’Onem.

La dernière convocation  reprend toute l’affaire. Outre le pamphlet de Christine Van Acker et quelques-unes des contributions d’artistes, on y trouvera des citations, entres autres, de Henry David Thoreau et Étienne de la Boétie nous incitant, nous, lecteurs, lectrices, à prendre du recul, à mieux comprendre dans quels enjeux s’inscrivent ces coups de gueule, coups de sang, coups de colère.

Car, au fond, à quoi invite Christine Van Acker si ce n’est à la désobéissance civile, chère à Thoreau ? Incitant même les sanctionnateurs à prendre la tangente. À démissionner. Dire, à leur tour, comme elle le fait dans sa lettre, bye bye les frères, à la tyrannie administrative. Bouffant nos temps, nos vies, nous réduisant à n’être que des sous-humains, ou quelque chose du genre.

Oui mais.

Si ces citations invitent à replacer l’affaire dans un contexte plus général, dépassant largement, en tout cas, le cadre d’un combat a priori sectoriel – qui s’intéresse au droit des artistes à vivre dignement de leurs arts si ce n’est les artistes ? –, deux ou trois choses, je pense, déforcent le livre.

D’accord : la colère de Christine Van Acker est juste. L’administration nous essentialise. Nous colle des étiquettes. Refuse de voir en nous autre chose que des demandeurs d’emploi. N’a que faire du fait que nous sommes pères, mères, gens de partage, de rencontres. Artistes ayant derrière nous des années de travail, de questionnements, de doutes. Nous amoindrit par sa logique mortifère. Est un monstre à abattre et dont il conviendrait de se libérer. D’accord. Entièrement d’accord.

Oui mais.

Alors que des artistes n’arrêtent pas de déplorer cette logique de mort, certaines contributions – et certaines pages du pamphlet – ne font que la reproduire à la lettre. Apposant sur le front des fonctionnaires la sinistre étiquette de fonctionnaire. Réduisant, du coup, la personne leur faisant face à ce mot : fonctionnaire. Déniant ainsi à cette personne le droit d’être multiple. Comme si, parce que fonctionnaire, le fonctionnaire était fatalement abruti. Aliéné à un système qui l’asservit. Incapable d’aucune échappée belle. Ou de bouffée d’air. Ou de mise en question. Étrange réduction. Étrange mécanisation. Déplorée d’un côté et reproduite de l’autre, à la virgule près.

Certaines des contributions prenant même des allures de plaidoyers de classes. Plaçant les artistes comme au-dessus de la mêlée. Intouchables dans leurs prérogatives. Parce que plus sensibles, plus humains, plus en prise directe sur la vie que « les autres ». Posture, à tout bien réfléchir, un brin méprisante pour tout qui ne partagerait pas le noble et beau métier d’artiste. Posture, dès lors, ne faisant qu’accentuer les fractures plutôt que nous rassemblant. Ou nous permettant de penser l’humain et l’humanité dans leur entièreté. Posture peu généreuse, oubliant de tendre la main aux fonctionnaires, ces frères et sœurs de galère.

D’autres positionnements sont, par contre, remarquables. Celui d’Eva Kavian, par exemple. Lucide et clair, tout à fait pertinent pour avancer dans un débat général sur nos libertés et nos asservissements.

 
 
 
 
 

DOMICILIES A BORD (réédition)

couverture domicilie def

Exrtrait du colloque Habiter sur l'eau, à Namur, en juin 2017 : https://vimeo.com/223881327

Dans Livre-toi, le 16 octobre 2017, sur TV-Lux : https://www.tvlux.be/video/litterature/christine-van-acker-domicilies-a-bord-_27179.html

Domiciliés à bord est un livre consacré au monde de la batellerie, dont l'autrice est issue.

Le livre est disponible auprès de notre association.

Pour l'acquérir, il vous suffit de nous envoyer un message courriel à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

avec vos coordonnées

et de verser 25€ sur notre compte (dont 5€ de frais de port) :

(Triodos ) IBAN : BE94 523046030114 BIC : TRIOBEBB

Ne pas oublier la mention "Domiciliés à bord", ainsi que votre adresse postale.

Nous n'acceptons pas les chèques.

Le livre

Agrémenté d'une belle iconographie, Domiciliés à bord est un livre de 180 pages consacré à la mémoire collective des bateliers au cours du XXe siècle.

En 1994, paraissait Domiciliés à bord, aux éditions Quorum. Il était le fruit d'un long travail : recherche de documents et de photos, enregistrements et retranscriptions des témoignages de bateliers.

Les bateliers n'avaient pas d'adresse postale, souvent ils devaient se domicilier chez des personnes de leurs famille résidant à terre. Sur leur carte d'identité, figurait la mention "Domicilié à bord".

Début 2017, L’asbl Les Grands Lunaires a décidé de lancer une souscription pour le rééditer. En un mois, plus de cent livres étaient déjà commandés. La renaissance de Domiciliés à bord pouvait avoir lieu.

L’auteur

Christine Van Acker est une autrice qui a vécu elle-même son enfance et son adolescence sur le bateau de ses parents. Aussi loin qu'elle a pu descendre sur son échelle généalogique, tous les membres de sa famille étaient bateliers. Ce livre était un devoir de mémoire dont elle voulait s'acquitter, elle qui avait les outils pour le faire.

La page Facebook de Domiciliés à bord : https://www.facebook.com/domicileabord

Lire l'article paru dans Le carnet et les instants : https://le-carnet-et-les-instants.net/2017/07/17/van-acker-domicilies-a-bord/

Ils arpentent nos fleuves et canaux, semble-t-il depuis toujours, sans que nous puissions voir vraiment leurs visages, sans que nous entendions leur voix brouillée par les mouvements des flots. Christine Van Acker est issue d’une lignée de bateliers depuis cinq générations et elle nous livre pour mémoire ce que fut la vie de ses parents et les profondes mutations connues par leur métier. Paru chez Quorum en 1994, l’ouvrage est aujourd’hui réédité et il constitue une mine de renseignements patiemment collectés et exposés.

La grande originalité de la démarche de l’auteure est que celle-ci a donné priorité à la mise en lumière des documents qu’elle a rassemblés et qui sont le plus souvent reproduits ou cités dans l’ouvrage. En effet, outre les photos et archives présentées, elle a puisé dans des enregistrements réalisés auprès des membres de sa famille, mais aussi dans leur correspondance. Au travers de ceux-ci, nous entrons de plain-pied dans la vie quotidienne des bateliers, celle des enfants éloignés pour la scolarisation, des hommes emportés par les conflits armés, des fiancés séparés, des proches retenus par les crues ou sur les canaux pris par les glaces. Mais tout ce petit monde qui vit à bord, hommes femmes et enfants,  a en commun une culture du labeur et de la solidarité de ceux qui affrontent les dangers des eaux, mais aussi le sens de la fête, de la manifestation du plaisir de se retrouver.

En partant des récits recueillis, Christine Van Acker a fait le choix de s’effacer par moments et de donner pleine voix à des générations de personnes peu enclines à prendre la plume et à s’exprimer publiquement. Si certains documents sont un peu bruts, en ce qu’ils sont retranscrits tels qu’enregistrés, ils gagnent en authenticité et en intimité. Le glossaire présenté en fin de volume permet également de mesurer à quel point la singularité de l’univers de la batellerie se manifeste également dans le langage partagé.

Tenant tout à la fois du documentaire ethnologique et de l’album de famille, cet ouvrage touchant au service de la mémoire collective méritait de redevenir disponible, ce qui est désormais chose faite grâce à une souscription qui a rencontré le succès escompté.

Thierry Detienne

L'Avenir, 7 juin 2017 (Françoise Lison-Leroy)

L'AVIS DES LECTEURS :

J'ai lu domiciliés à bord d'une traite. comme vous racontez bien la vie des bateliers! 
Je suis née à Barcelone, et j'y ai vécu mes 20 premières années. Je ne connais rien aux voies fluviales, car les fleuves, en Espagne, ne sont plus navigables depuis longtemps. Mais ils l'ont été, l'Ebre, notamment. Du coup je pense aux très beaux livres (romans) de Jesús Moncada, aragonais de langue catalane. Mais ce n'est pas la même chose, ni la même époque, et votre livre est captivant de délicatesse, et de présence qui témoigne, et qui rend hommage.
 
M. Izquierdo
 

Vous m’avez offert un vrai plaisir de lecture avec la réédition de « Domiciliés à bord » votre livre évocation infiniment émouvante sur la vie rude de vos parents et de leurs aïeux au fil de l’eau et du temps lent. Ne pensons à rien, le courant fait de nous toujours des errants

J’aimerais vous dire mon ressenti tout au long de ma lecture et de ma découverte de nouvelles images témoignages. Ce petit livre m’a touché autant que votre « Ici » auquel il répond. J’aime l’écriture régulière de votre grand père, la robe cintrée de la tantine, j’ai regardé plusieurs fois le dernier voyage du Samsuffi et me suis pris d’affection pour vos merveilleux parents, aristocrates du « macaron ».  Vous avez hérité d’eux cette droiture sans raideur qui vous rend si différente de nous tous les arpenteurs patauds du plancher des vaches.

-"Si on allait à terre, qu’est-ce que tu ferais ?

-Moi, à terre ? Mais jamais j’ai été commandé. Je ne vais pas aller à terre pour être commandé.

- Papa était mort. Alors maman, tout en épluchant les légumes pour la soupe ou pour le dîner, elle conduisait le bateau.

- C’est la même histoire qu’ils racontent depuis longtemps à qui veut l’écouter. Ciselée elle est devenue l’autre réalité, autonome.

- On ne fait rien à moitié quand on est marinier.

- On savait lire, écrire, calculer et tout…avant d’aller à l’école. Papa nous avait appris avant.

- Les mariniers ont demandé par exemple qu’on commence à six heures du matin jusqu’à six heures du soir.

- On est en réalité des bêtes de somme.

- Conduire un bateau, c’est négocier avec les éléments de la nature, le vent, l’eau…peut-être que j’ai trouvé une maîtrise qui correspond à ma personnalité.

- On est soi-même."

Et on est prié d’imaginer Sisyphe heureux.

Marc G

- Je m'y suis plongée avec délice, photos touchantes de vie dure et heureuse, découverte de ce monde de solidarité des bateliers, d'entraide.
L'amour de la navigation, les rythmes des canaux, les écluses, le hallage tout ce monde est passionnant et touchant.
Surtout les témoignages vivant de ces bateliers, de ces femmes dont j'aime beaucoup le spontané, le réel du langage et en même temps poétique .
 J'ai retrouvé des sensations et des descriptions qui m'ont rappelés notre remontée par les canaux avec notre bateau démâté (en 1996) de Port St louis (en méditerranée)  
à Péronne (mer du nord). Le rythme lent et c'est un autre temps , il y a les écluses qui suspendent ce temps de navigation permanente et douce.
Le paysage apaisant, le fil de l'eau, les éclusiers dans leur petites maisons fleuries et le temps de brin de causette avec eux tellement gentils.
 J'ai beaucoup aimé l'univers dont tu témoignes avec aussi tes touches de poésie.
Merci pour ce beau livre , moi qui ai toujours rêver de vivre sur une péniche, (évidemment sans le travail ardu des bateliers), juste pour le plaisir de naviguer doucement sur l'eau tranquille.
Anne V
 
J'ai terminé la lecture de votre livre "Domiciliés à bord ". A dire vrai, je l'ai terminée il y a déjà quelques temps.
Ce fut un beau voyage. 
J'ai le plus grand mal à quitter un livre dans lequel je me sens bien. 
Alors, je triche. Je ralentis ma lecture, puis je ne lis que quelques pages par jour. Bientôt moins.
L'épaisseur des feuilles lues devient considérable au regard de celles qui restent.
De votre livre, je suis sorti à reculons et à regret.
Merci pour le plaisir de cette lecture et meilleures salutations.
 
Patrick B
 

Hier j'ai commencé le voyage à bord de ton livre.

J'aurai aimé qu'il dure plus longtemps...

C'est un témoignage bouleversant.

Merci!

Michèle N

J’ai adoré ton livre.
Il m’a profondément touchée. Quelle chance d’avoir publié tous ces documents, souvenirs, témoignages d’une époque qui s’estompe au fil du temps.
Ce qui me semble le plus important, c’est l’émotion éprouvée lors de la lecture.
Merci !
Thilde B
 
Il est magnifique, et rien qu'à le parcourir l'émotion sourd de chaque page!
Joëlle B
 

Je me suis plongée dans la lecture pour redécouvrir la vie de ces femmes et hommes sur le bateau. De belles tranches de vie et d'histoires, petites et grandes.

Chantal D

Le dernier voyage du Sam Suffi

Archives sonores

Ces personnes dont vous entendez les voix ont contribué, par leurs témoignages, à Domiciliés à bord.

Ecouter La traversée des apparences consacrée à la batellerie, diffusée en 1990, sur les ondes de Radio Campus (ULB- Bruxelles)

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

 

Ecouter C'est la vie (Alphonse marinier), diffusé en 1993 sur la RTBF radio

Partie 1 :

Partie 2 :

 

Ecouter mon grand-père et ma grand-mère maternels, à Thuin (Belgique), en 1990

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

 

Ecouter mon grand-père maternel, à Thorotte (France), en 1987

Partie 1 :

Partie 2 (avec mon père) :

Partie 3 :

 

Ecouter ma grand-mère maternelle (en 1987)

Partie 1 :

Partie 2 :

Partie 3 :

Partie 4 :

 

Un entretien avec Georgez Pradez, sur la RTBF, le 2 août 1994, pour la sortie de Domiciliés à bord, chez Quorum

 

Je suis un petit bateau voyageur,
immobile sur le courant d’un ruisseau.
Un navire de papier
qui prend l’eau et sombre
parmi les signes de notre époque,
tantôt en amont,
tantôt en aval d’un instant de vérité.

Léo Beeckman

 

Chanson de la batelière

Ce sont les messieurs de la cour
Après l' souper, vont faire l'amour

Ils s'en vont tous, le long de la rivière
En caressant la jolie batelière

Belle batelière, dans ton bateau
Voudrais-tu m'y faire passer l'eau ?

Dans ton bateau, il y a de jolies chaises
Nous passerions la rivière à notre aise

À peine était-il embarqué
De force a voulu l'embrasser

Allons, monsieur ! Un peu de patience !
N' sommes point ici dans un lieu d'assurance

C'est vrai, la belle, tu as raison
Je vois d'ici une maison

Si nous serions dans la plus haute chambre
Nous causerions de badinage ensemble

Belle, tes amours sont si chères
Qu'on ne saurait les marchander

Pour cent écus, mon avantage est bonne
Pour deux cent autres mes amours s'ront les vôtres

Le beau monsieur mit ses gants blancs
Se mit à compter son argent

Prenez la belle, de l'or en abondance
Prenez-en tant que vous serez contente

Quand le bateau fut abordé
Le monsieur sortit le premier

Elle attira son navire en arrière
Puis elle s'en va le long de la rivière

Belle, aurais-tu le cœur content
De t'en aller avec l'argent ?

De ton argent, t'en as été le maître
De mon honneur, moi, j'en suis la maîtresse

Belle, que diront mes parents
De m' voir revenir sans argent ?

Tu leur diras –tu ne mentiras guère-
"J'ai voulu jouer avec la batelière"

{Ensemble:}
Tu leur diras –tu ne mentiras guère-
"Je l'ai joué avec la batelière"

 

L’expression "LE vivre ensemble" est apparue conjointement à une certaine dislocation de ce qu’on nomme aujourd’hui "le lien social".
Il y avait hier, où l’on dit que c’était mieux qu’aujourd’hui.
Il y a aujourd’hui, dont on dit beaucoup de mal, mais aussi, un peu, de bien.
Il y a, dans le monde, ailleurs, loin et proche, d’autres manières d’être et de faire avec l’autre.
A partir de lectures d’auteurs qui se sont penchés sur le sujet, avec des consignes ludiques, cet atelier d’écriture propose à ses participants de traverser une écriture de fiction qui leur permettra d’imaginer de nouveaux peuples avec des nouveaux modes de vivre (ou pas) ensemble.
A partir de 16 ans.
Atelier animé par Christine Van Acker
www.lesgrandslunaires.org
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PAF : 50€ (possibilité de troc pour les personnes qui sont précarisées / monnaie locale l’Epi acceptée)
Minimum 6 participants / Maximum 12
Quand ? Le 23 septembre 2017
Horaire : 10h-17h (avec une pause d’une heure pour le repas de midi)
Lieu : Tribal Souk, 69 rue de Montauban, 6743 Buzenol

© Les Grands Lunaires, 2017