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Elles sont partout

les paroles insoumises.

Reste à les lever.

 Claude Burneau, Instant d’Yeu (ed. Pays d’Herbes) 

Constater, s’indigner, râler dans son coin ne suffisent pas. Les défaillances et le cynisme de ceux qui sont censés nous représenter poussent quelques-uns d’entre nous à poser des actes de désobéissance civile (accueil des réfugiés, placardage des panneaux publicitaires…). Erri de Luca, écrivain italien, accusé de sabotage dans une affaire où il militait pour la préservation d’un environnement menacé par la construction d’un TGV, Asli Erdogan emprisonnée pour ses idées, puis libérée et assignée à résidence après une mobilisation conséquente de la communauté internationale, font partie des auteurs de notre époque qui, non seulement gardent les yeux grands ouverts, mais qui ont également pris des risques pour faire savoir au reste du monde les menaces qui pèsent sur la démocratie.

Cet atelier d’écriture invitera les participants à partager leur regard sur le monde, un monde toujours à améliorer, toujours à refaire, et questionnera leur volonté d’agir concrètement. Des lectures d’auteurs, passés et présents, qui ont réussi à conjuguer littérature et mise en œuvre d’actions véritables, en adéquation avec leur pratique littéraire, alterneront avec des moments d’écriture sous contraintes libératrices qui pourront déboucher, pour ceux qui le désireront, sur une action véritable (brigades d’intervention poétique, affichages de textes, manifestations décalées, pétitions, articles à publier dans la presse…).

Dans l’autre pièce, Rateau regardait la toile, entièrement blanche, au centre de laquelle Jonas avait seulement écrit, en très petits caractères, un mot qu’on pouvait déchiffrer, mais dont on ne savait s’il fallait y lire solitaire ou solidaire

 Jonas ou l’artiste au travail, Albert Camus

Pratiquement :

Solitaire : des moments de découverte d’auteurs témoins et acteurs de leur temps pour attiser de belles flambées d’écriture qui seront allumées par les consignes. Les textes qui en émergeront pourront être partagés ensuite avec les autres dans un esprit de bienveillance, et pourront servir d’appui à une action à mener. Remarque : identifier et décider de régler son compte à la langue de bois est déjà une action en soi.

Solidaire : Ce qui fâche sera mis sur la table. Les pratiques pour les exposer au grand public seront choisies ensemble selon les aptitudes et les volontés individuelles.Des invités surprise viendront échanger avec nous au sujet de leurs pratiques « artivistes ».

Important : même impertinentes, les actions qui pourraient avoir lieu seront toutes non-violentes.

Matériel

Tout ce qui peut, sérieux et moins sérieux, toucher à notre thématique.

Dates

15 au 22 juillet 2018

Public

A partir de 18 ans, sans prérequis.

L’animatrice demande une lettre de motivation afin de préparer au mieux l’atelier selon les aspirations des stagiaires.

Inscriptions à l'AKDT : http://www.akdt.be/index.php/fr-fr/contacts

Animé par Christine Van Acker, auteur, notamment, de La dernière convocation, pamphlet paru aux éditions du Cactus inébranlable, dans lequel elle annonce aux fonctionnaires du Forem qu’elle ne se rendra plus à aucune convocation de leur part. Ce qui fut écrit, fut fait.

   Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le (le tyran) pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.

Etienne de la Boétie, Discours sur la servitude volontaire, 1574

L'utopie n'est pas un point d'arrivée, mais un point de départ. On imagine et on veut réaliser un  lieu qui n'existe pas. 

Si mon opinion est un délit, je continuerai à le commettre.

Je continuerai mon opposition derrière le mur prescrit par le jugement. Mon corps est d'accord avec moi, comme d'habitude lorsque j'escalade une paroi.

Notre liberté ne se mesure pas à des horizons dégagés, mais à la cohérence entre mots et actions.

Si je ne le faisais pas, si je me taisais par convenance personnelle, préférant m'occuper de mes affaires, les mots se gâteraient dans ma bouche. Mon vocabulaire d'écrivain tomberait malade de réticence, de censure. Je perdrais la belle compagnie que me tient l'écriture depuis l'âge lointain de ma première petite histoire. Pour moi, en tant qu'écrivain et en tant que citoyen, la parole contraire est un devoir avant d'être un droit.

 La parole contraire, Erri de Luca

Une pour tous, tous par une

 

S’intéresser à ce qui ne se voit pas à l’œil nu, c’est fouiller au cœur de ce que nous sommes.                        

S’intéresser à « L’autre », l’animal, le végétal, le fungi, le minuscule, l’invisible, c’est poser un autre regard 

sur l’humain, c’est prendre conscience de ce à quoi nous devons l’existence, de cette communauté qui œuvre

dans l’ombre pour nous maintenir en vie.

Dans Une pour tous, tous par une, cela commence avec une prise de sang. Cela continue avec l’évocation

d’Henrietta Lakes et de ses cellules qui prolifèrent depuis des dizaines d’années dans nos laboratoires sous la

dénomination de « cellules He-La ».

 Réalisation : Christine Van Acker

 Musique, mixage : Thierry Van Roy

  2018

 Avec : Christophe Herman, médecin

             Jean-Sébastien Goffinet, pharmacien biologiste

               John Wérenne, professeur honoraire à l’ULB


            Lecture de "Prose des cellules He-La de Marcel Thiry



© Les Grands Lunaires, 2018

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