Infuser la science et écrire

Un voyage inter règnes (atelier d'écriture à l'AKDT, en juillet 2017)

Contenu

Les scientifiques aiment ranger le vivant dans 3, 4, 5, voire 6 tiroirs. Les bactéries, les champignons, les animaux, les végétaux sont parmi ceux qui y sont logés. Nous en ouvrirons quelques-uns pour observer ce qui s’y passe. Nous découvrirons aussi les livres des auteurs (scientifiques, essayistes, de fiction, de poésie, de théâtre) et les œuvres des artistes (peintres, réalisateurs, danseurs…) qui s’en sont inspirés. Pour cet atelier, nul besoin de bagages spécifiques, si ce n’est la curiosité, la faculté d’émerveillement, et, surtout, une certaine humilité face à la diversité.

Pratiquement

Nous accueillerons, au fil des jours, des intervenants extérieurs qui viendront partager leur pratique en ce domaine.

A partir de lectures choisies, et de quelques propositions libératrices, il vous sera proposé de vous laisser écrire à travers les différents règnes, de prendre le temps de bien vous laisser parcourir par les différents états du vivant, mais aussi par l’ensemble du perceptible vécu lors de cette semaine. Cette immersion vous permettra d’expérimenter de nouvelles pistes d’écriture, tous genres littéraires confondus, selon vos aspirations du moment, et sans obligation de résultat. Fragments, nouvelles, poésies, carnet de bord... Des moments de lecture seront aménagés pour que nous puissions partager ensemble les textes de chacun.

Matériel

Nous vous demanderons donc d’amener non seulement vos cerveaux, mais surtout vos intuitions, abandonnant les préjugés réducteurs que vous pourriez avoir envers vous-mêmes. Et, pourquoi pas, des choses sérieuses et moins sérieuses, qui touchent à notre thématique : livres, champignons, papillons, serpents, cailloux, fleurs sauvages, en faux, ou en vrai (en évitant les bactéries pathogènes)… !

Sans oublier que, pour écrire, il faut seulement des mots.

Dates

Du 16 au 23 juillet

Public

A partir de 16 ans, sans prérequis (ne pas amener son dernier bulletin, qu’il soit exemplaire ou catastrophique)

Animé par Christine Van Acker, auteur  / Olivier Dugaillez, naturaliste

Un constat

Depuis la création de notre association, en 1995, 43 projets radiophoniques ont été réalisés et diffusés sur les ondes de radios associatives (Radio Campus Bruxelles, Radio Campus Lille, Radio Grenouille, Radio Sud, Pacifiq FM,...). Ils ont tous été diffusés sur les ondes de la RTBF. Pour certainsd'entre eux, sur les ondes nationales suisses, québécoises, et françaises.Sur ces 43 projets (un projet pouvant comporter de 2 à 5 séquences), 16 ont été subventionnés (31 émissions), 19 autoproduits, et 3 sont des commandes. Dans le cas d'émissions en autoproduction, les droits d'auteurs constituent notre seule rémunération (seules les émissions déjà subventionnées sont achetées par la RTBF). Les créateurs sont aujourd'hui assaillis de tous côté : chômage (quand ils y ont encore droit), droitsd'auteur,... Ils sont nombreux, comme moi, à oeuvrer dans l'ombre.Ces nouvelles mesures de taxation sur les droits d'auteur toucheraient au plus près notre principale motivation : continuer de produire des petits bijoux qui passeront tard dans la soirée (mais seront heureusement relayés sur le web) pour le simple plaisir du travail bien fait et dans l'espoir de sauvegarder au mieux la richesse radiophonique.

Les artistes

"Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui.

Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal.

Pourtant, le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère.

De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifiquequ’on lui connaît et qui émeut notre regard : le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères.
Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produireles œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du mondepour lequel il œuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté."

Wajdi Mouawad

© Les Grands Lunaires, 2018

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