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N'EN A QU'UN EN HAUTE PRUDENCE (gaudriole)

 

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Nenakin est une vaste gaudriole parue aux éditions du Chemin de Fer, en mars 2012.

Visionner la rencontre au Quartier Latin, en 2012 :

https://www.youtube.com/watch?v=3SiXa4P0rKs (un conseil : avoir de bons baffles, le son est assez faiblard)

* Ecouter la rencontre au Quartier Latin (ici, le son est bon), le 12 octobre 2012, à Bruxelles.

Avec Marie-Andrée Delhamende et Thierry Hellin (en 2 parties) :

* Ecouter la lecture (en deux parties) de Thierry Hellin,

mise en ondes par Daniel Martin-Boret et Christine Van Acker :

* Ecouter la lecture d'un extrait , par l'auteur, à la soirée Traversées, à Virton, le 26/10/2012 

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La revue Harfang l'a publié fin 2010, n°37 : Joël Glaziou, 13bis avenue Vauban 49000 Angers  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

On n’est jamais trop prudent…

Pour évoquer certaines écrouelles de notre époque, deux luronnes de notre paysage littéraire s'en donnent à cœur joie. À l'abord, le petit livre de Christine Van Acker pourrait, par sa façade joliment historiée, sembler destiné aux enfants. Une approche plus fouillée suggère vite que Rabelais lui-même aurait rougi à la lecture de cet opus. Et pas seulement de plaisir. C’est que cette écrivaine multiforme – accompagnée ici par la succulente imagerie de Yoan Armand Gil, selon la formule de la collection – trousse une fable complètement frapadingue, allègrement couillue, mais nullement insignifiante. Selon une habitude qui lui est chère, Christine Van Acker engrosse la langue avec entrain pour lui faire des enfants pétant de santé et d’insolence. Du reste, elle prévient d’emblée : la lecture de N’en-a-qu’un en Très-Haute-Prudence peut provoquer des troubles divers et serait particulièrement déconseillée aux « femmes enceintes et aux mères allaitantes ». l’affaire est étrange et d’importance : dans ce pays où les enfants naissent de plusieurs mères, elles étaient neuf « fort bien pilenconnées » à fournir au dénommé N’en-a-qu’un les divers morceaux de son corps, assemblés à la diable. À l’exception d’un bras errant, fruit d’un coït « mal masculé » et l’objet d’une longue quête du héros, détenteur, en attendant, d’un membre étranger qui, par ailleurs, supplée avantageusement au nanisme d’un attribut sexuel à usage strictement réservé à sa personne. Jusqu’aux retrouvailles qui découleront de cette émancipation et de cette nouvelle conquête de liberté dans un monde apparemment démembré à tous égards, où le souci des Hauts-Prudents est avant tout de se protéger de toutes parts, de toutes façons et contre toute atteinte à ce qui pourrait menacer leur sécurité mentale et physique, contre les impertinences de la créativité en action et, qui sait, contre l’auteur Christine Van Acker qui avait pourtant eu la magnanimité de les – de nous ? – prévenir de sa dangereuse incorrection. Et aussi contre l’artiste Yoan Armand Gil qui, dans ce joyeux et salubre délire, ne laisse pas sa part aux chiens avec une imagerie composite et haute en couleurs, qui n’est pas sans rappeler l’univers malignement loufoque de Topor.

Ghislain Cotton

Le Carnet et les Instants, n°173, 1er octobre au 30 novembre 2012, p. 1

Yoan Armand Gil et Christine Van Acker

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